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L'étalon magique devenu zizi mou

Publié le par Etoile Filante

T’imagines que je l’ai traité de zizi mou ce matin tout en jetant sa corde à rideau en bas des escaliers. Il a dû me prendre pour une folle. En même temps c’est vrai, d’un bel étalon, la magie a opéré, et hop un mort vivant privé du moindre désir. C’est l’âge qu’il dit. Souvent, il ajoute même « qu’il n’y a pas que le sexe dans la vie ». C’est effarant comme les gens changent. On pense les connaître mais il y a toujours des surprises.

 

Moi j’aime bien les surprises, elles pimentent la vie. Elles éclairent la routine, crée du mouvement, parfois des rires. C’est chouette non les surprises. Bon d’accord il y en certains qui n’aiment pas. Eux, faut pas trop les chatouiller. Tiens ça me rappelle un peu ton ex quand je dis ça.

 

Oh non, mais tu ne peux pas arrêter de parler de lui, c’est fatigant à la fin. Déjà qu’il occupe une bonne partie de mes pensées, si en plus tu en rajoutes je vais ruminer de l’ex matin, midi et soir. Mon cerveau c’est la vie et là, ça va l’asphyxier. Alors stop !

 

Je ne comprends pas très bien, c’est à moi que tu parles ? Ah bon, parce que je pense que tu as bien besoin de dire stop de ton côté. Alors avant de me donner des ordres, pense à les appliquer (ah non pas encore un mot de son vocabulaire mortifère).

 

Tu sais quoi, je ne pensais pas qu’il me quitterait un jour, il m’avait dit : c’est pour toujours. Je n’arrive toujours pas à me faire à l’idée que c’est fini. Enfin, lui il dit qu’il a besoin de temps pour cicatriser et que des cicatrices il en reste toujours des traces. Ça ne promet pas grand-chose de bon. En fait je crois que lorsqu’une relation a trop vécu de tracas elle peut difficilement s’en remettre. Je le vois bien éventuellement revenir vers moi, après que j’ai rampé en pleurs pour récupérer son attention (qu’il ne m’a pas souvent donné si je suis objective) en me mettant ses conditions. C’est comme ça ou tu n’as rien !

 

Hum hum ça ressemble à une course à l’objet perdu ton histoire. S’il ne t’a pas souvent donné son attention, qu’est ce qui te fait croire que tu vas enfin un jour en avoir ? Moi, ce que je sais c’est qu’il t’a plutôt donné beaucoup de tension. C’est presque le même mot mais pas du tout le même effet !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Oui mais ... tu écoutes?

Publié le par Etoile Filante

Oui mais, oui mais, oui mais, oui mais. (façon sirène)

 

Mais qu’as-tu à te comporter comme une chèvre enrouée ? Ça ne va pas la tête ? (Ah tiens, ça aussi c’est une de ses expressions favorites, il me le disait souvent et je n’aimais vraiment pas, surtout parce que je pense que c’est la sienne de tête qui ne tourne pas rond).

Si vous saviez…une menace de suicide en haut de la falaise de Nerja là-bas tout au Sud en Andalousie, un 31 décembre. Et puis un jour alors que je venais de m’énerver et de casser son porte-manteau en tirant de rage sur sa sortie de bain, il a carrément mis l’appartement à sac. J’ai vu des planches voler au-dessus de notre bébé qui était dans son lit. Il a défoncé la porte en bois de sa chambre et a fini en pleurs en me demandant de l’interner. Et moi, je ne l’ai pas fait. Grand mal m’en a pris car ensuite et pendant 10 ans, cela n’a été que perversion narcissique puissance 1 milliard. Ah, j’en ai mangé des reproches, des accusations, des dévalorisations, des agressions, des violences psychologiques. Et pourtant, je suis restée. Satané attachement coûte que coûte. A bas la super glue !

 

Forcément, tu connais cela depuis toujours, pourquoi croirais-tu qu’il existe autre chose de mieux ? Et puis, en fait, je vais t’expliquer : ton attachement est dû à ce que l’on appelle le masculin maltraitant, et c’est cela qui cause ton attachement.

 

Euh, là j’ai l’impression que tu me parles Chinois et je ne comprends strictement rien. Je pense qu’il vaut mieux que je me concentre sur le 3e niveau d’écoute.

 

Oui, vas-y, parle-nous de l’écoute et surtout écoute bien ce que tu dis !

 

Je disais donc que le 3e niveau d’écoute est quand l’on est pleinement présent tant avec son corps qu’avec son esprit. Cela permet également d’entendre son intuition et ses ressentis tout en sachant que toute notre attention est tournée vers l’autre. Intéressant non ?

 

Et tu pratiques ?

 

A vrai dire, pendant longtemps j’entendais mais je n’écoutais pas, en fait je n’ai compris l’importance de l’écoute que tard dans ma vie. C’est dommage que ce ne soit pas transmis à l’école, je trouve que ce sont des compétences utiles dans la vie.

 

Oui, encore faut-il les mettre en pratique, n’est-ce pas ?

 

Il y en a qui passent leur vie à écouter, mais de la musique, d’autres le chant des oiseaux mais dans notre modernité c’est surtout le rythme de la ville que l’on entend. En fait, c’est un peu décalé d’un rythme naturel et harmonieux. Perso, je le trouve plutôt stressant celui-là.

 

Bien, et pourquoi habites-tu toujours en ville alors ? Autrefois tu préférais la campagne, le vert, le calme. Que t’est-il arrivé tout à coup ?

 

C’est une longue histoire. Mais là je n’ai pas envie de la raconter. Il est tard et je trouve que ma soirée a été plutôt agréable malgré les circonstances.

 

Allez, on y revient !

 

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L'appât à l'écoute

Publié le par Etoile Filante

Non mais c’est quoi ton truc, me laisser pendre comme un vers empalé sur un hameçon ? Dans l’attente d’une décision de ta part ? Et est-ce que tu as imaginé que peut-être je me serai faite mangée par un beau poisson (séduction) au lieu de rester dans les airs en danger ? Ohhhrgggg pourquoi ne peux-tu pas être clair ? C’est pourtant simple !

 

Que racontes-tu ? Tu sais très bien faire le vers. Je t’ai déjà vue, tu te tords dans tous les sens possibles et inimaginables mais tu n’arrives jamais à te décrocher. Et puis, de toute façon dans notre mer à nous il n’y a pas d’exocet qui pourrait t’attraper au vol et te sauver des airs.

 

Mais tu fais quoi, pourquoi tu ne m’appelles pas, pourquoi tu fais comme si je n’existais pas. Je te dis que je suis triste, que je souffre, tu entends ? Ah je sais (en colère avec la colère qui monte) tu veux juste te venger, voire me manipuler. Quelle bassesse !

 

Ecoute, tu sais que l’écoute est le secret d’une bonne communication. Et avec l’écoute, il y a le silence, alors tais-toi ! Arrête de l’appeler. Il t’a dit que tu le harcelais. As-tu entendu ?

 

L’écoute (pensive). Qui devrais-je écouter ? Je ne sais plus, si écouter la raison, les sentiments, mon attachement, ou lui ? Le croire ou pas le croire.

 

Ben, voilà, j’avais bien dit que les humains c’était du lourd, du complexe et que ça changeait tout le temps.

 

Il t’a clairement écrit « Adieu » dans son message. Que veux-tu de plus clair ? Et puis donc il a le droit de faire ce qu’il veut, comme il veut, avec qui il veut !

 

Non, ça je ne peux pas l’entendre. Mais comment est-ce que je vais pouvoir faire cohabiter la raison qui me dit que c’est très bien ainsi et mon attachement qui se shoote à la super glue, comment ?

 

C’est simple, il suffit que tu t’écoutes pleinement !

 

Dis-donc cela me rappelle ma formation en coaching, ils m’ont bassiné avec l’écoute. On a même dû apprendre à s’écouter dos à dos et les yeux fermés. Attends, je vais essayer de me rappeler ce qu’ils disaient : 3 niveaux de communications….

 

Ben, on dirait que tu n’es pas allée bien haut. Ce doit être toutes ces émotions que tu as rangées dans ton corps qui t’alourdissent.

 

Non mais, dis-donc, je ne te permets pas de me parler ainsi. Je ne suis pas grosse tout de même. Et puis laisse-moi un peu me concentrer car je voudrais vraiment me rappeler de ces trois niveaux de communication. Ah ça y est…donc le premier c’est quand on écoute tout en pensant à autre chose ou encore en faisant mille chose. Tiens ça me fait penser à ma fille celui-là. Même plongée sur son iphone, elle me dit « vas-y, je t’écoute », mon œil oui. Heureusement que je ne fais pas pareil. C’est obligé je suis au moins au deuxième niveau d’écoute, j’en suis sûre. Et le 2e c’est quand tu es concentré sur une seule chose : écouter et qu’il n’y a pas d’autres pensées dans ta tête ou que tu ne cherches pas la prochaine question à poser ou encore que n’essaies pas de trouver le moment pour imposer tes idées. Ben oui parce que forcément des idées et des je sais il y en a dans nos têtes. Enfin ce que je me demande c’est si vraiment ce sont nos idées qui vont finir par aider l’autre à trouver sa solution.

 

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Adaptabilité alléchante pour le PN

Publié le par Etoile Filante

J’étais super adaptable, flexible et puis, parfois, de l’agressivité, comme couvée au chaud à l’intérieur, remontait. Les autres ne comprenaient pas ce qui se passait et cela créait un sentiment bizarre. En fait, tout ce temps, il y avait mon vrai moi qui se manifestait autant que l’entrebâillement de mon être le lui permettait. Il coexistait avec ce que l’on attendait de moi, qui lui vivait ma vie. Et moi, je ne savais pas trop quoi en penser.

 

C’est compliqué ton truc. Tu n’as pas l’impression de rentrer dans le domaine de la psychologie là ?

 

Ben, peut-être un peu mais en même temps il s’agit de fonctionnements internes et propres à l’humain.

 

Oulalala alors lui l’humain ne m’en parle pas car il est d’un compliqué, que tu n’imagines même pas, et en plus, ça change tout le temps. C’est dur de s’y retrouver et je suis étonnée que tu sois si consciente et au fait de ce que tu vis. Tu fais comment au juste pour tenir le coup ?

 

J’efface, je déconnecte, je range dans un coin. Il me semble d’ailleurs qu’un grand ménage de printemps serait nécessaire car vu l’état de mon corps, je crois que j’ai un peu trop stocké d’expériences et d’émotions sans qu’elles n’aient une échappatoire.

 

Mais attends, si ce sont les tiennes d’émotions, pourquoi est-ce qu’elles devraient être exprimées ? Tu vois, je t’avais dit que l’humain c’était compliqué. Pendant un instant j’ai cru que toi tu y arrivais, que tu étais différente, mais je me rends bien compte que tu n’as pas la solution. Tu ne sais pas en fait !

 

Savoir ou ne pas savoir, c’est une grande question. Je crois que dans notre nation le « je sais » est tellement commun qu’on a l’impression que tout le monde sait tout, juste à les écouter. Et puis, si tu t’approches d’un peu plus près, et bien c’est la cata. Je me demande si cette habitude de dire « je sais » ne viendrait pas d’une peur d’être puni si on ne sait pas. Tu en penses quoi toi ?

 

Je ne sais trop quoi te répondre. Quand je sais, je sais, c’est simple. Sinon, je dis tranquillement que je ne sais pas. What’s the big deal ? Savoir, pas savoir, on s’en fout non. D’ailleurs, il y en a qui disent que c’est mieux de faire des expériences et d’en tirer des conclusions plutôt que de prétendre savoir. Je crois que c’est la théorie du fixed mindset et du growth mindset.

 

Ah oui, je la connais. En fait c’est une théorie développée par une chercheuse outre océan qui s’appelle Carole S Dweck.

Y a ceux qui sont fixés dès le départ et ceux qui grandissent continuellement. Par exemple si tu penses que tu es né comme tu es né et que tu es comme ça, il n’y a plus rien à faire…t’es fixé. Dans le cas contraire, tu te dis que tu es né comme tu es né mais que tu sais que tu peux progresser, changer, évoluer alors tu as un état d’esprit de croissance. Franchement, je préfère nettement le deuxième, il a bcp plus de sens pour moi. Ben oui, parce que se croire immuable pour la vie entière ce doit être triste non ? Peut-être que c’est pour ça qu’on en arrive à consommer autant de lexotruc et d’anti-dépresseurs. Ça me questionne personnellement.

 

Bon, et si tu revenais aux fixés de la tête, et que tu m’expliquais ce qu’ils ont de particulier, tu ne crois pas que ce serait mieux plutôt que de divaguer sur des théories vaseuses de prozotruc ? Parce que franchement, tu n’as pas autre chose à faire ?

 

Tu disais ?

 

Ça t’arrive d’écouter ? Ce n’est pas possible ça !

 

Ecoute je ne comprends plus rien, tu veux que je te parle de l’écoute ou bien des fixés de la tête ?

 

Bon, je ne vais pas m’énerver. J’aimerais stp que tu me parles des fixés de la tête pour commencer et puis qu’ensuite tu continues avec l’écoute. Je crois que tu en as bien besoin. En fait, je crois que tu ne t’écoutes pas ni ne m’écoute. Alors, comment veux-tu que l’on avance dans notre discussion de cette manière ?

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Maillot et Coup de Foudre

Publié le par Etoile Filante

Février, 8 mois après le coup de foudre au bord de la piscine, sous le soleil brûlant de l’été, j’ai oublié mon maillot et mes aisselles expriment l’humidité à tout va. Il me demande si je mouille ; ma réponse se veut torpille (comme la raie torpille qu’il affectionne mais ça je ne le sais pas encore). Touché coulé, ça commence bien !

 

Il insiste pour que j’endosse un maillot de bain à sa mère et là franchement j’aurai dû me douter de deux choses :

 

1 . il n’a pas coupé le cordon ombilical donc attention danger, je rencontre un homme en devenir qui ressemble à un super homme sorti d’un concours de beauté et je craque littéralement sous le charme, malgré le regard réprobateur de la sœur qui rumine dans son coin.

2. le salaud rêve déjà de découvrir mon corps. Faudra attendre mon coco, je choisis un maillot 1 pièce noir, touché coulé

 

 

Février donc, nous sortons ensemble. C’est irréaliste, trop beau pour être vrai ; un rêve devenu réalité.

 

Il est le grand frère de ma meilleure amie. Je le trouve magnifique depuis mon enfance et espère secrètement qu’un jour il me regardera.

 

C’est fait et même plus.

 

Je suis au paradis, je ne touche plus terre, j’ai de la chance.

 

Vraiment ? En es-tu sûre ? Sa sœur t’a pourtant avertie quel genre de personne il est. L’as-tu seulement écoutée ? entendue ?

 

Oui, j’ai entendu et je me sens prête à déplacer des montagnes, à le changer, oui, j’en suis persuadée, je vais y arriver.

 

Et tu sais aussi que d’autres ont essayé avant toi et se sont brûlé le cœur et la santé. Te crois-tu encore plus forte que les autres ?

 

Oui, j’y crois, le challenge, le défi, ça, je connais. C’est ma nourriture quotidienne depuis toute petite.

 

Et puis, pour une fois que quelqu’un s’intéresse à moi, tu ne vas quand même pas venir me gâcher la vie non ?

 

Sache aussi que j’ai su freiner mon envie dévorante d’être en couple avec lui, en partie en honneur avec mes valeurs. Oui, depuis toujours, je m’étais dit que « jamais je ne sortirai avec le frère de mes amies », en quelque sorte, j’avais gagné leur confiance et je ne souhaitais pas la trahir. Je me suis donc appliquée (tiens c’est un mot de son vocabulaire courant qu’il utilise souvent comme pour justifier sa lenteur d’action – c’est curieux - j’te dis pas combien il m’énerve quand il bloque en mode escargot). Enfin je disais, je me suis donc appliquée à réfléchir si oui ou non, malgré mon fort élan passionnel, j’allais ébrécher cette valeur et m’écouter.

 

Il est vrai que son appel téléphonique, aux alentours de Noel, m’a aidé à avoir envie de le découvrir, de le connaître, de le rencontrer. Pourtant, sa sœur m’avait prévenue et je sais ce que je devais savoir ; et en théorie c’était suffisant pour que je sois raisonnable et que je ne mettre pas dans la merde toute seule. Mais non, je n’ai pas résisté à l’attrait de l’inconnu, à cette soif de découverte de l’autre, à l’aimant de la perversion cachée. Je suis tombée droit dedans et j’en ai pris pour 10 ans.

 

Tu me diras, finalement, à part quelques séquelles surtout émotionnelles sur les enfants, tu as réussi le pari sans jamais recourir au soutien de médicaments. Mais au fait, c’était quoi comme pari au juste ? Le sais-tu ?

 

Le pari, après coup, je pense que c’était bien de devenir moi-même. Après, la question que je me pose est : « était-il nécessaire de vivre une expérience si virulente et si longue pour comprendre qui l’on est ?». Bien évidemment, je n ‘ai pas la réponse mais je suis sûre d’avoir rempli ce contrat grâce à cette relation.

D’abord, au bout de quelques années, je me suis rendue compte, après avoir partagé les grandes lignes de mon histoire de vie avec une éducatrice de l’APEX (http://violences-conjugales.eu/accueil/afficher_page.php?num_page=1°, que justement, mon histoire n’était pas si banale que cela.

 

J’ai compris que le fonctionnement familial qui était en place lors de mes jeunes années ne faisait que se répéter avec un nouveau protagoniste.

 

Ah oui ! C’est tellement courant et pourtant peu d’entre nous le réalisent. Souvent, ils continuent à « jouer et rejouer » le même scénario avec un casting nouveau. Tu ne savais pas ?

 

Donc, en sortant des bureaux de l’Apex, j’avais le sentiment d’avoir été entendue pour la première fois dans ma vie. Le spectacle raconte comment cela est arrivé. Et tu n’imagines même pas le bien que cela m’a fait. Enfin, j’existais !

 

Ben oui, avoir l’opportunité d’être entendu fait souvent des miracles, je crois que l’on ne se rend même pas compte de la puissance de l’écoute et combien elle change les gens et les situations. Et toi, tu en penses quoi ?

 

Cela ne m’a pas empêchée de continuer la relation et faire comme si. Avec du recul, j’ai l’impression d’avoir fait « comme si » pendant très longtemps et finalement je crois que j’en avais vraiment assez. C’est fatiguant de tenir un rôle pendant 46 ans, vous ne pensez pas ?

 

Pff, les rôles cela fait partie de la vie, que racontes-tu ? C’est justement en acceptant cela que nous pouvons agir de manière cohérente et être intègre. Accepter cette évidence permet de s’adapter tout en restant centré et conscient. Qu’est ce qui te gênait là-dedans ?

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Être Femme?

Publié le par Etoile Filante

Le 8 mars, Journée Internationale de la Femme, sortie de mon spectacle de théâtre autobiographique et jugement de mon compagnon de 10ans pour une affaire sordide.

 

La représentation est prévue à 20h30. A midi, alors que je gère mon tract de néophyte, une première rencontre agitée avec mon compagnon me trouble. La tension, au cours de l’après-midi, est aux sommets. 18h, il ramène notre fils et reste garé en bas de chez moi tel un dérangé. 18H39, le texto couperet m’assomme : « Je tiens à te signaler que GRACE à ton manque de soutien je viens d’être condamné. Merci pour tout. ». Le suivant me donne un deuxième coup de massue : « Et adieu ».

 

10 ans de relation passionnelle et extrêmement tumultueux s’achèvent juste avant mon spectacle, cette renaissance à moi-même.

 

Mes émotions, mes sentiments ne sont plus que tiraillements internes mais je me suis tellement investie que je décide que rien ne troublera ce temps de partage théâtral pour lequel j’ai invité mes ami/es.

 

En conduisant vers le théâtre, je réalise que j’ai passé 14 ans avec un homme qui a fini par faire du trafic d’armes entre autres, je n’avais rien vu ni suspecté, puis 10 ans avec un psychotique que j’aime encore très fort.

 

J’ai tellement envie de le dire, de le partager à la fin du spectacle mais je choisis de le laisser être en moi.

 

20:45, je monte sur scène ; la pièce est un succès, je suis heureuse.

 

Le lendemain matin, après une courte nuit agitée, je ne sais même pas comment je me sens.

 

J + 2 je commence à réaliser, j’alterne les moments de mélancolie avec diverses occupations dans la journée. Heureusement, le soir, les enfants sont sources de joie.

 

J + 3 il me manque, la pièce est jouée, est-ce vraiment fini entre nous ? Le soir, n’y tenant plus, je l’appelle pour avoir de ses nouvelles. Rembarrée direct avec agressivité, je me sens triste et perdue.

 

J + 4, je remplis ma journée, je pars à Montpellier, je dîne chez une amie et puis….je re-craque. Je vais en bas de chez lui, je l’appelle, il me répond au 2e appel, il finit de manger non loin de là dans un restaurant. Je le vois, ça me fait du bien, c’est familier et puis, malgré tout ce qui a pu se passer et sa manière d’être, je l’aime. Il m’embrasse bien clairement sur la joue, se tient à distance et garde le flou quant à nous. Il a mal à la tête, est fatigué et veut rentrer chez lui ; j’ai froid, je me sens nostalgique et triste. Je comprends que ce n’est pas le bon moment, je pars les larmes aux yeux.

 

Je rentre chez moi, encore un réveil à 5h du matin, je me rendors vers 7H30, j’en ai besoin, je suis fatiguée.

 

Je tourne et retourne mon téléphone, en espérant qu’il va appeler, me dire que c’était un cauchemar, qu’il m’aime et que tout va bien aller. Je finis par me dire que je vais faire une journée téléphone éteint, peut-être pour qu’il comprenne, au cas où il essaierait d’appeler, ce que je peux ressentir. Bien sûr, c’est gérable quoique douloureux.

 

Je ne suis pas une habituée des séparations et encore moins avec le seul homme que j’ai vraiment aimé dans ma vie. Je me demande ce qu’il en sera du futur et pourtant quand je m’arrête et que je suis dans le moment, je ne souffre pas.

 

J’ai confiance que cela va passer, que ce ne sont que des émotions qui s’expriment, un détachement qui s’opère, des souvenirs qui se qualifient comme tels, des situations que je chéris qui ne seront plus, enfin un bout de vie qui s’envole, une page qui se tourne. Je ne sais que faire de tout cela, je pourrais le peindre, l’écrire, le hurler, le raconter, le monter en une pièce, mais j’ai besoin de faire quelque chose là, maintenant, pour aller mieux.

 

Bien sûr que rationnellement, je sais que c’est juste que cette relation s’arrête, elle est tellement toxique et destructive. La gestion émotionnelle s’opère quant à elle sur un autre plan, qui demande la douceur guérisseuse du temps, de l’acceptation, et de la mise en conscience.

 

Ma chère amie me dit qu’il n’y a pas pire deuil que celui d’un vivant. Allez y comprendre quelque chose !

 

Aujourd’hui, j’en suis là et c’est de là que je vous parle.

 

Et oui, j’ai choisi de continuer à écrire, de raconter un peu de comment tout cela est arrivé.

 

 

 

 

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