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Maillot et Coup de Foudre

Publié le par Etoile Filante

Février, 8 mois après le coup de foudre au bord de la piscine, sous le soleil brûlant de l’été, j’ai oublié mon maillot et mes aisselles expriment l’humidité à tout va. Il me demande si je mouille ; ma réponse se veut torpille (comme la raie torpille qu’il affectionne mais ça je ne le sais pas encore). Touché coulé, ça commence bien !

 

Il insiste pour que j’endosse un maillot de bain à sa mère et là franchement j’aurai dû me douter de deux choses :

 

1 . il n’a pas coupé le cordon ombilical donc attention danger, je rencontre un homme en devenir qui ressemble à un super homme sorti d’un concours de beauté et je craque littéralement sous le charme, malgré le regard réprobateur de la sœur qui rumine dans son coin.

2. le salaud rêve déjà de découvrir mon corps. Faudra attendre mon coco, je choisis un maillot 1 pièce noir, touché coulé

 

 

Février donc, nous sortons ensemble. C’est irréaliste, trop beau pour être vrai ; un rêve devenu réalité.

 

Il est le grand frère de ma meilleure amie. Je le trouve magnifique depuis mon enfance et espère secrètement qu’un jour il me regardera.

 

C’est fait et même plus.

 

Je suis au paradis, je ne touche plus terre, j’ai de la chance.

 

Vraiment ? En es-tu sûre ? Sa sœur t’a pourtant avertie quel genre de personne il est. L’as-tu seulement écoutée ? entendue ?

 

Oui, j’ai entendu et je me sens prête à déplacer des montagnes, à le changer, oui, j’en suis persuadée, je vais y arriver.

 

Et tu sais aussi que d’autres ont essayé avant toi et se sont brûlé le cœur et la santé. Te crois-tu encore plus forte que les autres ?

 

Oui, j’y crois, le challenge, le défi, ça, je connais. C’est ma nourriture quotidienne depuis toute petite.

 

Et puis, pour une fois que quelqu’un s’intéresse à moi, tu ne vas quand même pas venir me gâcher la vie non ?

 

Sache aussi que j’ai su freiner mon envie dévorante d’être en couple avec lui, en partie en honneur avec mes valeurs. Oui, depuis toujours, je m’étais dit que « jamais je ne sortirai avec le frère de mes amies », en quelque sorte, j’avais gagné leur confiance et je ne souhaitais pas la trahir. Je me suis donc appliquée (tiens c’est un mot de son vocabulaire courant qu’il utilise souvent comme pour justifier sa lenteur d’action – c’est curieux - j’te dis pas combien il m’énerve quand il bloque en mode escargot). Enfin je disais, je me suis donc appliquée à réfléchir si oui ou non, malgré mon fort élan passionnel, j’allais ébrécher cette valeur et m’écouter.

 

Il est vrai que son appel téléphonique, aux alentours de Noel, m’a aidé à avoir envie de le découvrir, de le connaître, de le rencontrer. Pourtant, sa sœur m’avait prévenue et je sais ce que je devais savoir ; et en théorie c’était suffisant pour que je sois raisonnable et que je ne mettre pas dans la merde toute seule. Mais non, je n’ai pas résisté à l’attrait de l’inconnu, à cette soif de découverte de l’autre, à l’aimant de la perversion cachée. Je suis tombée droit dedans et j’en ai pris pour 10 ans.

 

Tu me diras, finalement, à part quelques séquelles surtout émotionnelles sur les enfants, tu as réussi le pari sans jamais recourir au soutien de médicaments. Mais au fait, c’était quoi comme pari au juste ? Le sais-tu ?

 

Le pari, après coup, je pense que c’était bien de devenir moi-même. Après, la question que je me pose est : « était-il nécessaire de vivre une expérience si virulente et si longue pour comprendre qui l’on est ?». Bien évidemment, je n ‘ai pas la réponse mais je suis sûre d’avoir rempli ce contrat grâce à cette relation.

D’abord, au bout de quelques années, je me suis rendue compte, après avoir partagé les grandes lignes de mon histoire de vie avec une éducatrice de l’APEX (http://violences-conjugales.eu/accueil/afficher_page.php?num_page=1°, que justement, mon histoire n’était pas si banale que cela.

 

J’ai compris que le fonctionnement familial qui était en place lors de mes jeunes années ne faisait que se répéter avec un nouveau protagoniste.

 

Ah oui ! C’est tellement courant et pourtant peu d’entre nous le réalisent. Souvent, ils continuent à « jouer et rejouer » le même scénario avec un casting nouveau. Tu ne savais pas ?

 

Donc, en sortant des bureaux de l’Apex, j’avais le sentiment d’avoir été entendue pour la première fois dans ma vie. Le spectacle raconte comment cela est arrivé. Et tu n’imagines même pas le bien que cela m’a fait. Enfin, j’existais !

 

Ben oui, avoir l’opportunité d’être entendu fait souvent des miracles, je crois que l’on ne se rend même pas compte de la puissance de l’écoute et combien elle change les gens et les situations. Et toi, tu en penses quoi ?

 

Cela ne m’a pas empêchée de continuer la relation et faire comme si. Avec du recul, j’ai l’impression d’avoir fait « comme si » pendant très longtemps et finalement je crois que j’en avais vraiment assez. C’est fatiguant de tenir un rôle pendant 46 ans, vous ne pensez pas ?

 

Pff, les rôles cela fait partie de la vie, que racontes-tu ? C’est justement en acceptant cela que nous pouvons agir de manière cohérente et être intègre. Accepter cette évidence permet de s’adapter tout en restant centré et conscient. Qu’est ce qui te gênait là-dedans ?

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