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Être Femme?

Publié le par Etoile Filante

Le 8 mars, Journée Internationale de la Femme, sortie de mon spectacle de théâtre autobiographique et jugement de mon compagnon de 10ans pour une affaire sordide.

 

La représentation est prévue à 20h30. A midi, alors que je gère mon tract de néophyte, une première rencontre agitée avec mon compagnon me trouble. La tension, au cours de l’après-midi, est aux sommets. 18h, il ramène notre fils et reste garé en bas de chez moi tel un dérangé. 18H39, le texto couperet m’assomme : « Je tiens à te signaler que GRACE à ton manque de soutien je viens d’être condamné. Merci pour tout. ». Le suivant me donne un deuxième coup de massue : « Et adieu ».

 

10 ans de relation passionnelle et extrêmement tumultueux s’achèvent juste avant mon spectacle, cette renaissance à moi-même.

 

Mes émotions, mes sentiments ne sont plus que tiraillements internes mais je me suis tellement investie que je décide que rien ne troublera ce temps de partage théâtral pour lequel j’ai invité mes ami/es.

 

En conduisant vers le théâtre, je réalise que j’ai passé 14 ans avec un homme qui a fini par faire du trafic d’armes entre autres, je n’avais rien vu ni suspecté, puis 10 ans avec un psychotique que j’aime encore très fort.

 

J’ai tellement envie de le dire, de le partager à la fin du spectacle mais je choisis de le laisser être en moi.

 

20:45, je monte sur scène ; la pièce est un succès, je suis heureuse.

 

Le lendemain matin, après une courte nuit agitée, je ne sais même pas comment je me sens.

 

J + 2 je commence à réaliser, j’alterne les moments de mélancolie avec diverses occupations dans la journée. Heureusement, le soir, les enfants sont sources de joie.

 

J + 3 il me manque, la pièce est jouée, est-ce vraiment fini entre nous ? Le soir, n’y tenant plus, je l’appelle pour avoir de ses nouvelles. Rembarrée direct avec agressivité, je me sens triste et perdue.

 

J + 4, je remplis ma journée, je pars à Montpellier, je dîne chez une amie et puis….je re-craque. Je vais en bas de chez lui, je l’appelle, il me répond au 2e appel, il finit de manger non loin de là dans un restaurant. Je le vois, ça me fait du bien, c’est familier et puis, malgré tout ce qui a pu se passer et sa manière d’être, je l’aime. Il m’embrasse bien clairement sur la joue, se tient à distance et garde le flou quant à nous. Il a mal à la tête, est fatigué et veut rentrer chez lui ; j’ai froid, je me sens nostalgique et triste. Je comprends que ce n’est pas le bon moment, je pars les larmes aux yeux.

 

Je rentre chez moi, encore un réveil à 5h du matin, je me rendors vers 7H30, j’en ai besoin, je suis fatiguée.

 

Je tourne et retourne mon téléphone, en espérant qu’il va appeler, me dire que c’était un cauchemar, qu’il m’aime et que tout va bien aller. Je finis par me dire que je vais faire une journée téléphone éteint, peut-être pour qu’il comprenne, au cas où il essaierait d’appeler, ce que je peux ressentir. Bien sûr, c’est gérable quoique douloureux.

 

Je ne suis pas une habituée des séparations et encore moins avec le seul homme que j’ai vraiment aimé dans ma vie. Je me demande ce qu’il en sera du futur et pourtant quand je m’arrête et que je suis dans le moment, je ne souffre pas.

 

J’ai confiance que cela va passer, que ce ne sont que des émotions qui s’expriment, un détachement qui s’opère, des souvenirs qui se qualifient comme tels, des situations que je chéris qui ne seront plus, enfin un bout de vie qui s’envole, une page qui se tourne. Je ne sais que faire de tout cela, je pourrais le peindre, l’écrire, le hurler, le raconter, le monter en une pièce, mais j’ai besoin de faire quelque chose là, maintenant, pour aller mieux.

 

Bien sûr que rationnellement, je sais que c’est juste que cette relation s’arrête, elle est tellement toxique et destructive. La gestion émotionnelle s’opère quant à elle sur un autre plan, qui demande la douceur guérisseuse du temps, de l’acceptation, et de la mise en conscience.

 

Ma chère amie me dit qu’il n’y a pas pire deuil que celui d’un vivant. Allez y comprendre quelque chose !

 

Aujourd’hui, j’en suis là et c’est de là que je vous parle.

 

Et oui, j’ai choisi de continuer à écrire, de raconter un peu de comment tout cela est arrivé.

 

 

 

 

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